Journal de Drieu La Richelle Suite et fin

Publié le par Ivan de Duve

Toutes les femmes sont sérieuses comme la pluie, surtout quand elles sont frivoles.[25]

 

 

 

 Bien qu’à plusieurs reprises, il se définisse comme un mystique, Drieu -, non engagé dans un parti, est sans cesse attiré par la politique et par la géopolitique qu’il appréhende intellectuellement avec beaucoup d’intelligence :

 

 

 

                Oui, je suis vraiment fasciste. Je ne pouvais vivre que dans ce rêve de redressement viril et ascétique ? J’ai cru à un rêve comme se doit un intellectuel et  je reste fidèle à ce rêve. La demi-réalisation de ce rêve fut le dernier sursaut en Europe de tout ce que j’aime dans la vie : une certaine attitude physique, une certaine aristocratie de comportement. Rêve sombré dans la bureaucratie, le verbalisme de la propagande, les demi-mesures bourgeoises, mais qui m’a fait vibrer pendant dix ans et qui m’a fait prendre conscience de ma vraie nature dans le plan social.[26]

 

 

 

 Mais il revient bien vite à son aspect mystique :  

 

 

 

Pour moi, je relis les « Karika » de Gaudapada. Mieux que la « Baghavad-Gita », mieux que tous les « Upanishads », mieux que le commentaire de Sankya, c’est pour moi la suprême simplicité, la suprême perfection, je bénis les événements qui ont hâté ma concentration sur ce point essentiel.[27]

 

 

 


 

 

Puis, comme la plupart des gens de son époque, suit au jour le jour la progression des fronts et les commente :

 

 

 

 

 

 

                Les Russes approchent de Varsovie. Hosanna ! Hourra ! Voilà ce je crie aujourd’hui. Puisque la bourgeoisie est idiote, puisque l’hitlérisme n’est qu’un juste milieu (féroce comme tous les justes milieux), puisque l’Europe se refuse à la conscience et à l’union, et bien que passe la justice de Dieu, comme dit l’autre.[28]

 

 

 

 

 

 

Il se complait à juger les acteurs de cette deuxième guerre mondiale :               

 

 

 

 

 

 

Hitler me plait jusqu’au bout, en dépit de toutes ses erreurs, de toutes ses ignorances, de toutes ses bourdes. En gros, il a dressé devant moi un idéal politique : fierté physique, recherche de l’allure, du prestige, héroïsme guerrier –et même besoin romantique de s’épuiser, de se détruire dans un élan non calculé, non mesuré, excessif, fatal. Mais il n’a pas réalisé mon idéal social : je lui en veux beaucoup de n’avoir pas détruit la caste capitaliste et l’ancienne caste militaire que je méprise et que je hais. [29]

 

 

 

 

 

 

Du reste si Napoléon et Hitler n’ont pas réussi, il faut reconnaître que Sylla et César étaient à peine parvenus au but et qu’Auguste n’a eu qu’à cueillir un fruit mûr. Aie grande pitié pour les grands hommes, s’ils sont assez petits par l’esprit, ils te dépassent de mille coudées par le caractère ; et après tout le caractère est la forme la plus accomplie de l’intelligence, c’est dans le caractère que l’intelligence prend le mieux forme, galbe et style.[30/

 

 

 

                Aucune envie de voir cette nouvelle « France d’après-guerre ».[31/

 

 

 

 

 

 

Le Journal de Drieu se termine au 13 mars 1945. Dans les dix lignes écrites à cette date, il me plait de relever celle-ci :

 

 

 

 

 

 

 À quoi bon faire de la littérature, même comme celle-ci puisque j’attends les Huns.

 

 

 

 

 

 

Et, des annexes qui suivent, je ne relève que cette phrase :

 

 

 

               

 

 

 

Je ne suis pas qu’un Français, je suis un Européen.

 

 

 

                Vous aussi vous l’êtes, sans le savoir ou le sachant. Mais nous avons joué, j’ai perdu.

 

 

 

                Je réclame la mort.

 

 

 

 

 

 

Il se la donne à Paris en 1945.

 

 

 

 

 

 

Signalons qu’existe l’ Association des Amis de Drieu La Rochelle , dirigée par Daniel Leskens qui édite le Bulletin des Amis de Drieu La Rochelle

 

 

 

15, Chaussée

 

 

 

BE-7864 Deux-Acren

 

 

 

Tél. +32.2.384.85.57 (après 20 heures)

 

 

 

Ivan de Duve, 3 septembre 2006

 "Papier" paru, caviardé avec bonheur par Serge de Beketch, dans le décadaire Le Libre Journal de la France courtoise, n° 386 du 15 septembre 2006

 

 

 

 

 

1 P. 152 – 23 février 1940

 

 

 

2 P. 154 – 27 février 1940

 

 

 

3 Pp. 178 & 179 – 29 avril 1940

 

 

 

4 P. 193 – 10 mai 1940

 

 

 

5 P. 197 – 14 mai 1940

 

 

 

6 P. 224 – 28 mai 1940

 

 

 

7 P. 225 – 29 mai 1940

 

 

 

8 P. 237 – 8 juin 1940

 

 

 

9 Pp. 253 & 254 – 26 juin 1940

 

 

 

10 P. 259 – 1er juillet 1940

 

 

 

11 P. 264 – 13 juillet 1940

 

 

 

12 Pp 281 & 282 – 29 décembre 1941

 

 

 

13 P. 284 – 3 janvier 1942

 

 

 

14 P. 292 – 5 avril 1942

 

 

 

15 P. 302 – 8 novembre 1942

 

 

 

16 P. 303 – 8 novembre 1942

 

 

 

17P. 304 – 8 novembre 1942

 

 

 

18 P. 305 – 9 novembre 1942

 

 

 

19 P. 306 – 10 novembre 1942

 

 

 

20 P. 308 – 16 novembre 1942

 

 

 

21 P. 308 – 17 novembre 1942

 

 

 

22 P. 310 – 23 novembre 1942

 

 

 

23 P.313 – 25 novembre 1942

 

 

 

24 P. 340 – 20 mars 1943

 

 

 

25 P. 348 – 12 juillet 1943

 

 

 

26 P. 350 – 27 juillet 1943 (le 26 juillet 1943, je suis entré dans ma onzième année, IdD)

 

 

 

27 P. 403 – 14 juillet 1943

 

 

 

28 Pp. 408 & 409 – 26 juillet 1944 (aujourd’hui je suis entré dans ma douzième année, IdD)

 

 

 

29 P. 416 – 7 août 1944

 

 

 

30 P. 417 – 9 août 1944.  À lire absolument sur ce sujet la saga Les maîtres de Rome de Colleen McCullough, éditions L’Archipel.

 

 

 

31 P. 417 – 9 août 1944

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Lectures

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