14 juillet 2011

Publié le par Ivan de Duve

Ce 14 juillet 2011. 14 juillet ! Prise de la Bastille ! Promulgation de la funeste loi Fabius-Gayssot !

Le 14 juillet 1789 : la prise de la Bastille

La fête nationale commémore d'abord le 14 juillet 1789, première journée révolutionnaire à portée symbolique. Après une journée de fusillade sanglante, les Parisiens s’emparent de la Bastille et entament sa démolition. Au final, ils ne libèrent que quelques prisonniers et malfrats sans envergure. Mais cette vieille prison médiévale incarne l'arbitraire de l'Ancien régime. En l'abattant, les Parisiens font tomber un rempart de l'absolutisme. Et cette journée, qui marque le début de la Révolution, restera dans les mémoires comme un jour de liberté. Cependant la fête nationale fait aussi référence à un autre événement moins connu : la fête de la Fédération du 14 juillet 1790.

Le 14 juillet 1790 : fête de la Fédération

Depuis l'été 1789, partout dans les provinces françaises se   sont créées des "fédérations" régionales de gardes nationaux. Une réaction à l'affaiblissement du pouvoir central. Afin de contrôler ce mouvement spontané, la Commune de Paris, sous l'impulsion de Lafayette, décide de fonder une grande Fédération nationale regroupant des représentants des fédérations locales et de les réunir à Paris le 14 juillet. La cérémonie est censée célébrer la prise de la Bastille, mais aussi apporter un semblant d'ordre et d'unité dans un pays en crise. Le jour dit, 14.000 soldats fédérés arrivent donc à Paris et défilent sous la bannière de leur département, de la Bastille jusqu'au Champ-de-Mars.

Sur une esplanade aménagée pour l'occasion, une grande messe est célébrée, à la suite de quoi le roi Louis XVI jure de maintenir "la Constitution décidée par l'Assemblée nationale". Les 400.000 Parisiens présents ce jour-là acclament leur souverain : la monarchie n'est donc pas remise en cause. L'aspiration à l'union nationale triomphe et la cérémonie se transforme en grande fête populaire. Mais la réconciliation nationale sera de courte durée. Deux ans plus tard, le roi est arrêté et condamné à mort.

1880 : le 14 juillet devient fête nationale

Pendant près d'un siècle, la commémoration du 14 juillet est abandonnée. Elle réapparaît en 1880, sous la IIIe  République. Le régime, pour se consolider, cherche à construire un nouvel imaginaire national, autour de symboles républicains. C'est ainsi que la Marseillaise devient hymne officiel, et le 14 juillet fête nationale. Mais la proposition qui émane du député de la Seine Benjamin Raspail n'est pas accueillie unanimement par l'Assemblée. Certains députés mettent en cause la violence du 14 juillet 1789. Et c'est finalement autour du 14 juillet 1790 que se fait le consensus.En 1880, pour la première fête nationale, la République fait les choses en grand. Le ministre de l'Intérieur prescrit aux préfets de veiller à ce que cette journée "soit célébrée avec autant d'éclat que le comportent les ressources locales". Un défilé militaire est organisé sur l'hippodrome de Longchamp devant 300.000 spectateurs, en présence du Président Jules Grévy. Il s'agit de montrer le redressement de l'armée française après la défaite contre la Prusse en 1870. Ce défilé militaire, toujours en vigueur, s'inspire aussi du défilé des gardes fédérés de 1790.

De 1880 à nos jours

- En 1886 : une femme, cantinière du 131e régiment d'infanterie, défile pour la première fois.

- En 1915 : le défilé militaire se déplace du Champs-de-Mars aux Champs-Élysées.

- En 1919 : c'est le défilé de la victoire qui réunit, sur les Champs-Élysées, les forces des pays alliés.

- En 1936 : après le défilé militaire, un million de personne défile à l'appel des organisations syndicales.

- De 1939 à 1945 : dans le Paris occupé, la journée n'est pas célébrée. Le 14 juillet 1940, à Londres, le général de Gaulle réitère ses appels à la résistance. En juillet 1945, on célèbre la Libération partout en France.

La loi Fabius-Gayssot, dite  loi Gayssot est la désignation courante soit de la loi françaiseno 90-615 du 13 juillet 1990, « tendant à réprimer tout propos raciste, antisémiteou xénophobe», soit de la partie de cette loi (son article 9) qui introduit un « article 24 bis » dans la loi sur la liberté de la presse. Cette loi résultait d'une proposition de loi présentée au Parlement par le député communiste Jean-Claude Gayssot.

L'article premier de cette loi rappelle que « toute discrimination fondée sur l'appartenance ou la non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion est interdite ». Mais cette disposition ne fait que rappeler la loi du 1er juillet 1972 relative à la lutte contre le racisme[1].

La loi Gayssot innove par son article 9, qui qualifie de délit la contestation de l'existence des crimes contre l'humanité, tels que définis dans le statut du Tribunal militaire international de Nuremberg, qui ont été commis soit par les membres d'une organisation déclarée criminelle en application de ce statut soit par une personne reconnue coupable de tels crimes. Cet article 9 introduit en effet dans la loi de 1881 sur la liberté de la presse un article 24 bis dont voici le premier alinéa :

« Seront punis des peines prévues par le sixième alinéa de l’article 24 ceux qui auront contesté, par un des moyens énoncés à l’article 23, l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité tels qu’ils sont définis par l’article 6 du statut du tribunal militaire international annexé à l’accord de Londres du 8 août 1945 et qui ont été commis soit par les membres d’une organisation déclarée criminelle en application de l’article 9 dudit statut, soit par une personne reconnue coupable de tels crimes par une juridiction française ou internationale. »

L'article 6 (c) de ce statut définit les crimes contre l'Humanité : « l’assassinat, l’extermination, la réduction en esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain commis contre toutes populations civiles, avant ou pendant la guerre, ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux, lorsque ces actes ou persécutions, qu’ils aient constitué ou non une violation du droit interne du pays où ils ont été perpétrés, ont été commis à la suite de tout crime rentrant dans la compétence du Tribunal, ou en liaison avec ce crime. »

Plusieurs propositions de loi ont été déposées depuis lors pour étendre l'application de la loi Gayssot à la négation du génocide arménien ou à celle de l'ensemble des génocides.

Ce 14 juillet 2011, j’ai eu l’honneur de représenter Messieurs Robert Faurisson et Vincent Reynouard à la messe des obsèques de Monsieur Pierre Moreau dite en l’église Saint-Lambert  (Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X) Square Frère-Orban à Bruxelles, messe célébrée par l’Abbé Bruno Schaeffer, oblat bénédictin, prieur au Prieuré de Couloutre (FSSPX). J’ai eu l’occasion de présenter mes hommages et condoléances à Madame Georgine Moreau-Callebaut et d’embrasser leur fille Cécile Moreau de la part de Robert Faurisson et de Vincent Reynouard, sœur Cécile que j’ai souvent rencontrée ainsi que sa mère en l’église Sainte-Anne de Drogenbos où j’ai connu Monsieur l’abbé Alfredo Medina à l’occasion de la messe dite par lui pour le repos de l’âme de Léon Degrelle[1], cher abbé Medina qui nous a mariés religieusement, ma chère épouse Isabelle et moi et qui a eu la gentillesse, lors de ses funérailles l’année dernière de venir prier pour elle sur sa tombe. Comme il est actuellement en prison à Saint-Hubert,  j’ai pu prier pour lui à Saint-Joseph, ce jeudi 14 juillet 2011.

Ivan de Duve



[1]

En 2007, Luxembourg est la première ville européenne à porter pour la seconde fois le titre de « Capitale européenne de la Culture ». À cette occasion les Postes belge et luxembourgeoise réalisent une émission de timbres commune. Un premier timbre-poste représente « Le Tombeau du Géant ». Il s’agit d’un merveilleux site naturel qui se trouve près de Bouillon, au village de Botassart, Ville de Bouillon, Province du Luxembourg, Belgique. La Wallonie, la Lorraine, la Rhénanie, la Sarre et le Palatinat sont associés à cette émission. Le timbre représente une sorte de rond des fées, entouré par la Semois, une colline inspirée.

Victor Hugo admirait cette colline boisée. Une légende prétend qu’un géant gaulois y fut assassiné par un centurion de la légion de Jules César commandée par Labénius et que son corps, découvert par un vieillard, y fut enterré avec l’aide de jeunes adolescents. D’où le nom « Tombeau du Géant » donné depuis lors à cette colline. Une autre légende, beaucoup plus récente, prétend que les cendres de Léon Degrelle (né à Bouillon en 1906 et décédé à Malaga en 1994 sous le nom de Jose Leon Ramirez Reina), malgré une interdiction publiée au Moniteur belge sous forme d’arrêté royal signé par S.M. Albert II, ont été rapatriés en Belgique par les admirateurs de celui qu’ils nomment « Chef » et dispersés au-dessus du « Tombeau du Géant ».

 

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