Journal d'un Européen
Jean de Brem
Le Testament d’un Européen
Éditions Déterma
ISBN 2-913044-41-7
EAN 9782913044418
Quelle merveilleuse idée que celle qu’a eue Philippe Randa de rééditer en un volume cet unique ouvrage de Jean de Brem, paru en deux volumes aux Editions de la Table Ronde en 1964, un an après le décès, à l’âge de 27 ans de ce brillantissime auteur !
Ce Testament résume notre Histoire depuis l’Antiquité jusqu’au milieu de XXe siècle ! Tous nos jeunes devraient l’avoir dans leur bibliothèque, le lire, et le relire, disons chaque lustre de leur vie. Écrit dans un français digne du Testament politique de Richelieu, facile à lire, Le testament d’un Européen est l’histoire de nos racines, de toutes nos racines !
La première partie traite de la fabuleuse Antiquité et du merveilleux Moyen Âge « immense fardeau pour nos contemporains dérisoires ». Il faut, en effet, se plonger dans le passé pour comprendre le présent. Il faut voir agir le Bas-Empire et Byzance pour savoir comment meurent les civilisations. Mais Jean de Brem reste, malgré tout, optimiste. « Il faut connaître les campagnes de Léonidas, Scipion, Charles Martel, Maurice de Saxe et Jean Sobieski pour savoir comment on les sauve. Il faut revivre les exploits d’Alexandre, de César, de Charlemagne, de Fernand Cortez et de Bonaparte pour savoir comment on les édifie par l’épée.
Chers, très chers jeunes gens, laissez Jean de Brem vous plonger dans ce passé, dans notre passé, et vous faire voir, bien mieux que le film Troie (Troy, USA 2004) où le rôle du grand Achille est interprété par le petit Brad Pitt et où le principal héros de la guerre de Troie[1], Ulysse, n’apparaît même pas à l’écran ! Dans cette première partie de son Testament, Jean de Brem vous fait vivre la naissance de l’esprit, en Crète, en Grèce, à Troie ; fait défiler pour vous le panorama de l’âge d’or, vous fera accompagner Alexandre le Grand, notre premier Empereur, jusqu’aux frontière du monde. L’âme existe, elle survivra dans Rome[2]. Le dernier siècle avant Jésus-Christ est riche en héros : Caïus Marius, Sylla, Spartacus, Pompée, Cicéron, Jules César. En une trentaine de pages, Jean de Brem résume ce que Colleen McCullough mettra quelque quatre mille pages à nous conter. « Pendant quatre cents ans Rome sera le Monde. Puis l’Orient vivra mille ans de plus et l’Occident à peine quatre-vingt-un ». Jean de Brem vous parle de Constantinople, devenue Byzance mieux en 15 pages que Charles Diehl[3] en 150 pages !
Je pensais que Jacques Heers était le seul grand spécialiste du Moyen Âge ; je ne connaissais pas Jean de Brem. Il évoque cette période, le millénaire chrétien, que je considère comme la plus riche de notre histoire d’une façon parfaite ! Il faut le lire pour comprendre l’extraordinaire essor de l’Europe mystique. Jean de Brem n’a décidément pas son pareil pour nous faire revivre le bouleversement géopolitique, de Novgorod à Santa Fé, le bouleversement intellectuel, de Dante à Gutenberg, le bouleversement économique, de la Hanse à l’Adriatique.
Puis vint la Renaissance, le temps des capitaines. Renaissance intellectuelle, économique, politique. Puis l’Europe des cousins et la rivalité franco-anglaise. Puis le grand séisme avec ses quatre révolutions : celles de Washington, de Mirabeau, de Bolivar et de Lénine.
J’aime la façon dont Jean de Brem termine ce Testament d’un Européen qui ne compte pas moins de 640 pages : « Le moment nous paraît d’autant plus propice à une première entente de tous les hommes blancs (comprenant, si possible, les Russes), que le plus « blanc » de ses chefs spirituels -le Souverain Pontife- propose aux Églises chrétiennes le rapprochement que l’on sait. Dieu nous accorde cette grâce ! ».
Ivan de Duve, dimanche de Pentecôte, 27 mai 2007 Cet article est paru dans Le Libre Journal de la France courtoise n° 409 du 2 juin 2007 et sur le site www.lesmanantsduroi.com le 20 juin 2007 dans la rubrique Les Belles Lettres, article n° 5163.