Vladimir Volkoff
Les orphelins du Tsar
Éditions du Rocher
Vladimir Volkoff nous a quittés le 14 septembre 2005. Il nous avait fait rêver avec des romans tels Le retournement, Le Montage, Le Trêtre, Le Bouclage, L’Hôte du Pape, Le Complot, la trilogie Les Hommes du tsar, Les Faux Tsars, Le Grand Tsar blanc et les quatre tomes de Les Humeurs de la mer ; il nous avait renseigné sur notre époque avec ses essais tels Le Complexe de Procuste, La Désinformation , arme de guerre, Petite histoire de la désinformation, Désinformation, flagrant délit, Pourquoi je suis moyennement démocrate et Pourquoi je serais plutôt aristocrate ; il nous a instruit avec Vladimir le soleil rouge et Tchaïkovski, il a enchanté nos enfants et nos petits-enfants avec la série Langelot et il nous a comblés avec, l’année de son décès, sa merveilleuse Prière à Jeanne prononcée le 8 mai 2005, lors de la fête de jeanne d’Arc, et son roman Les orphelins du Tsar, celui que je préfère…
Comme Gabriel Matzneff, Vladimir Volkoff est d’origine russe et orthodoxe. Comme jean Raspail, il est un de nos très grands écrivains.
Jean Raspail, avec son roman Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie a sublimé Le roi blanc des Patagons de Saint-Loup. Avec son roman Les orphelins du Tsar, Vladimir Volkoff a sublimé la Sainte Russie des fidèles du Tsar. Ce roman vous prend littéralement aux tripes. Comme Les Dukay de Lajos Zilahy, que je sais gré à Jean Raspail de m’avoir fait connaître, ont raconté le crépuscule doré de l’aristocratie européenne, Les orphelins du Tsar de Vladimir Volkoff racontent le crépuscule doré de la gentry de Saint-Pétersbourg, la fin du tsarisme, le début du soviet, la nostalgie de la monarchie, les hauts lieux de l’Émigration russe. Volkoff cite Sainte-Geneviève-des-Bois, située près de Paris ; il aurait pu citer Uccle, situé près de Bruxelles.
Les orphelins du Tsar s’articule autour de deux récits, l’un au début de la précédente décennie, l’autre lors de la Révolution russe. La fidélité à l’Empereur face à l’utopie socialiste. Un sujet passionnant, un roman qui devait être écrit pour comprendre le dernier siècle de nos amis russes. À lire absolument.
Ivan de Duve
17 juin 2006
Cet article est paru dans le n° 69 de Renaissance européenne du quatrème trimestre 2006