Thulé, le soleil retrouvé des Hyperboréens

Publié le par Ivan de Duve

 

 

 

 

 Thulé

 

 

La lecture récente de plusieurs ouvrages basés sur la légende arthurienne m’a fait relire cette quête de Jean Mabire qui commence en 330 avant notre ère pour se terminer à l’automne de 1977.

 

 

 

 

 

 

Ainsi, nos plus anciens ancêtres, les Hyperborées, venus de Thulé et de l’Atlantide, proviennent du Nord. Mabire situe Thulé en l’actuelle Islande et l’Atlantide en l’actuelle île Helgoland (anciennement Héligoland) au large des bouches de l’Elbe, à l’Est du Danemark.

 

 

 

 

 

 

Le livre, présenté comme un journal de bord de notre « Mait’Jean », nous fait, en regardant vers le Nord, retrouver l’Ultima Thulé et les origines spirituelles de l’Être européen.

 

 

 

 

 

 

En suivant la trace de Pythéas le Massaliote, il trouve Thulé, île mystérieuse où triomphe le soleil, le soleil retrouvé des Hyperboréens, le Sol Invictus de nos anciens et… l’Atlantide ! Il ne s’agit pas de la route de la soie mais de la route de l’ambre, « précieuse et odorante résine fossile qui exerce sur les Hellènes une sorte de fascination, qui ne peut se comparer qu’à celle de l’or. L’ambre conserve son caractère de magie. Il reste vivant et divin ». Il s’agit également de la route de l’étain que relie l’Atlantide mythique au bel âge du bronze, ce métal légendaire provenant de l’alliage du cuivre et de l’étain. « Pour l’histoire de notre monde, le bronze a plus de valeur que l’or. Et il porte encore aujourd’hui le nom mystique d’airain ».

 

 

 

 

 

 

Comme l’écrit justement Georges Feltin-Tracol[1], Mabire parvint « … par l’écrit et la réflexion de renouer avec les fils rompus de la tradition polythéiste européenne, cette ‘plus longue mémoire’ naguère célébrée par Nietzsche ».

 

 

 

 

 

 

Il s’agit ici d’un « premier saut dans l’inconnu de la magie littéraire ».

 

 

 

 

 

 

Ayant retrouvé l’Atlantide, notre Mait’Jean nous apprend que, juste avant le tsunami qui ravagea l’Atlantide vers 1220, de fiers Atlantes migrèrent du Nord au Sud par mer « avec leurs bateaux à tête de cygne » et par terre « avec leurs chariots à roues pleines » : les uns en Grèce, en Crète et à Chypre ; les autres en Égypte, en Lybie et en Syrie. « Car, en réalité, les Romains étaient aussi païens que les Germains, et fils, comme eux, de l’éternelle Hyperborée. N’oublie pas que les légionnaires de la belle époque ne manquaient jamais d’évoquer tous les matins le Soleil invaincu, Sol invictus. D’ailleurs que sont les Romains, à l’origine, sinon des Prusso-Lituaniens, descendus par le Brenner pour aller fonder une ville sur les sept collines ? Leur cité fut, à son origine, aussi solaire que Thulé. Tacite n’a pas compris que les Barbares ce n’étaient pas des ennemis, mais des ancêtres. »

 

 

 

 

 

 

Non, nous ne sommes pas des Indo-Européens mais des fils de la mer, descendants de Thulé, de l’Atlantide puis des fiers Vikings. « La Grande Migration des peuples de la mer du Nord fondait la civilisation occidentale et déterminait le destin du monde pour plus de trois millénaires ». « Les héros faisaient leur entrée dans l’Histoire. Déjà j’entendais le rude dialogue du courage spartiate et de la sagesse athénienne. Deux vertus essentielles des Hyperboréens qui traverseront les siècles, étroitement complémentaires, et que je devais découvrir un jour inscrites en laine rutilante sur la toile bise de la Broderie de Bayeux, célébrant la victoire homérique des Normands à Hastings en 1066 : viriliter et sapienter ». Je vous signale ici la parution d’un livre remarquable sur la Tapisserie de Bayeux[2] : Le Cycle d’Harold, Chevalier de la Table Ronde et Guerrier Impie

 

 

 

Mais revenons aux Hyperboréens. « Une même flamme brûlait dans le sanctuaire du dieu de la mer {en Thulé} et sur l’autel de l’Apollon de Delphes. Elle rendait le même hommage au soleil invaincu ». Merci Jean Mabire de nous avoir donné le fil qui nous permet de sortir du labyrinthe de nos origines.

 

 

 

 

 

 

« le monde de Thulé ne s’explique que par la familiarité de l’océan ».

 

 

 

 

 

 

« Je savais qu’il existait une énigme, et donc un réponse, dans le comté anglais du Hampshire. Les pierres dressées de Stonehenge, le plus prodigieux temple solaire de notre monde, parlent toujours à ceux qui savent entendre les voix du granit et du vent ».

 

 

 

 

 

 

Nos ancêtres hyperboréens, européens avant la lettre, paysans et guerriers, avaient la hantise passionnée de l’individualisme et de la liberté. Ils avaient la sagesse de savoir qu’il n’y a pas de véritable individualisme sans ordre, sans hiérarchie, bref, sans « aristocratie populaire, car tout repose sur la sagesse et le courage, dans la grande assemblée des hommes libres ». « Chaque homme trouve sa place naturelle, selon ses dons plus que selon son rang ». Et ils savaient que la véritable liberté consiste à Être et non pas à Avoir. Et que « Être, c’est se taire, penser et agir ».

 

 

 

 

 

 

Après, en une centaine de pages, nous avoir fait retrouver nos vraies racines, à Thulé, en Atlantide, à Stonehenge, Jean Mabire nous ramène au XXème siècle. Il suit la trace de cette mystérieuse Société Thulé, fondée à Munich en 1918, Son grand-maître Rudolf  von Sebottendorf, le « Baron » Sebottendorf-le-Saxon, prend le relais de Pythéas-le-Massaliote. Comme le baron fou Ungern-Sternberg avait pris le relais de Léonidas. « de Munich allait renaître Thulé » et « l’aigle rouge devient le symbole de notre combat ».

 

 

 

 

 

 

Suivent une série de portraits des plus intéressants pour ceux qui se passionnent par l’entre-deux-guerres : Johannes Hering, Walter Nauhaus, Kurt Eisner, Erhard Auer, Anton Daumenlang, les peintres Ernst Halbritter et Walter Deike, Franz Dannehl, entomologiste et compositeur de musique qui dirige la Ligue du Marteau, l’éditeur Lehmann, Hans Dahn, Hans Frank, Karl Herrer, Anton Drexler, l’économiste Gottfried Feder, Dietrich Eckart, Alfred Rosenberg, Heinz Kurz, Beppo Römer, Konrad Ritzler, Joseph Ott, la comtesse Hella von Westarp et… Rudolf Hess gravitent, tour à tour, autour de Rudolf  von Sebottendorf, ce hyperboréen de l’avant-Hitler, qui finit par abandonner la politique pour l’astrologie. Une nouvelle époque avait commencé.

 

 

 

« Cette enquête me donnait soudain un regard neuf sur la dernière guerre. Je comprenais tout ce qui séparait le Führer du Maître de Thulé : il avait transformé en lutte politique et en conquête militaire ce qui était d’abord une révolution spirituelle. Sebottendorf s’était voulu un Porte-Torche et Adolf Hitler un Porte-Glaive.

 

 

 

 

 

 

« Le dieu du marteau dut s’incliner devant le duc[3] à la croix ».

 

 

 

 

 

 

« Oui, désormais, nous étions vaincus. Nous descendions à notre tour, dans ces catacombes que sont pour les hommes du Nord les forêts profondes ».

 

 

 

 

 

 

« La redécouverte du paradis perdu hyperboréen, nous allons la devoir aux Romantiques. Car ces poètes et ces conteurs (…) exaltent, avant toute autre valeur, celle de la fidélité

 

 

 

 

 

 

Ensuite notre Mait’Jean dégage de l’oubli les noms de Arthur de Gobineau, Edelestand du Méril, les Burnouf, Anquetil-Duperron, le marquis de Boulainvilliers, Richard Wagner, Houston Steward Chamberlain, Guido von List, Adolf Lanz, Otto Sigfrid Reuter, Hermann Pohl. « Nous avions perdu la main. Pas le cœur. Nous restions éternellement semblables à nous-mêmes. Fidèles ».

 

 

 

 

 

 

« Les hommes de Thulé ne peuvent que déclarer la guerre à toutes les internationales qui rêvent d’universalisme égalitaire ».

 

 

 

 

 

 

« Thulé n’était pas une image, mais une réalité, aussi vraie que la pluie, le vent ou le soleil ».

 

 

 

« Le soleil retrouvé des Hyperboréens restait le soleil invaincu ».

 

 

 

 

 

 

Ivan de Duve

 

 

 

5 août 2007

 Ce "papier" est paru sur le site des Manants du Roi www.lesmanantsduroi.com le 11 août 2007 avec (merci Cornette) la couverture de la réédition du livre chez pardès.

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean Mabire

 

 

 

Thulé

 

 

 

Robert Laffont, 1977

 

 

 

 

 

 



[1] Bulletin Les Amis de Jean Mabire n° 14

 

 

 

[2] Anne Dudant. Titre : Le Cycle d’Harold, Chevalier de la Table Ronde et Guerrier Impie, Éditions Nox, Vielsalm, 2007, ISBN : 978-2-9600692-0-4.

 

 

 

 

 

 

[3] En « 1047 à la bataille du Val-ès-Dunes, au cours de laquelle les barons nordiques du Cotentin se sont révoltés contre Guillaume-le-Bâtard et ses troupes chrétiennes alliées aux Français.

 

 

 

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