American Black Box

Publié le par Ivan de Duve

Maurice G. Dantec

 

 

Le Théâtre des opérations 2002-2006

 

 

 

 

American

 

 

Black Box

 

 

 

 

Albin Michel

 

 

 

 

ISBN 978-2-226-17091-0

 

 

EAN : 9782226170910

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous qui ouvrirez ce livre, oubliez, pendant sa lecture,  tout ce que vous avez lu jusqu’à présent. Il dérange autant que, en 1932, Le voyage au bout de la nuit du grand Louis-Ferdinand Céline mais, le temps de votre lecture, oubliez Céline. Dantec est d’une autre époque. De la nôtre. 

 

 

 

 

Dans un message de Montréal daté du 23 janvier 2007, il vous annonce : « Amis lecteurs, j’aime bien l’idée que je puisse vous envoyer des aurores boréales. » mais ailleurs, il écrit « Vous êtes les cibles urbaines d’une bombe aussi puissante que le soleil. » et « On peut tenir un journal comme on tient un fusil ou une place forte. » Il nous prévient « Mon ancien monde est mort ». Que devrions-nous dire ? Maurice George Dantec, né à Grenoble le 13 juin 1959, pourrait être mon petit-fils. Et, à 47 ans, il a touché à la musique, au cinéma, au journalisme, donné des interviouves, passé à la télévision et a déjà quelque douze romans à son actif. Ajoutons qu’il possède un remarquable site Internet www.mauricedandec.com.

 

 

 

 

Dans des domaines aussi variés que la Série Noire , la science fiction, et un journal sous le titre générique Le Théâtre des opérations, journal métaphysique et polémique, dont American black box est le troisième et dernier volume qui  vient de paraître chez Albin Michel alors que les deux premiers Manuel de survie en territoire zéro et Laboratoire de catastrophe générale ont été édités par Gallimard. Une déclaration en 2004 sur ce qu’il a appelé l’ « islamisation de la France  » a fait mettre fin à sa collaboration avec l’auteur. Flammarion a voulu imposer à l’auteur des oukases qu’il a révoqués par un « Je dénie à quiconque le droit de m’imposer ce que je dois penser. »

 

 

 

 

C’est que ce dernier ouvrage de Maurice G. Dantec est une bombe et je tire mon chapeau à Albin Michel, chez qui il est sorti le 4 janvier 2007,  d’avoir eu le courage de l’éditer sans exiger les coupures que Gallimard et Flammarion avaient exigées.

 

 

 

 

L’auteur de science fiction (Babylon Babies) et de série noire (La sirène rouge) dans son Journal et en particulier dans American Black Box, ne fait pas dans la dentelle. Et son Journal est à des années-lumière  de ceux d’un Gide ou d’un Witold Gombrowicz. Il est vrai que son époque est à des années-lumière de celles de nos parents et grands-parents… et de notre jeunesse.

 

 

 

 

Il n’est pas possible d’être d’accord sur tout avec Maurice G. Dantec mais il faut lui reconnaître le génie de s’intéresser à tout et d’avoir son opinion sur tout.

 

 

 

 

Tout comme la trilogie des Dukay de l’écrivain hongrois Lajos Zilahy m’a enchanté par sa description du crépuscule doré de l’aristocratie européenne, Maurice G. Dantec m’enchante par sa description, dans sa trilogie T.D.O. (Théâtre des opérations), par sa description du crépuscule qui n’a rien de doré du monde actuel.

 

 

 

 

En 1998, Maurice G. Dantec, lassé d’une France « trop molle » et d’une Europe qu’il juge en pleine dislocation, quitte la France en homme libre pour s’installer au Québec où il collabore périodiquement à la revue de la résistance conservatrice Égards. En janvier 2007, Maurice G. Dantec signe chez Random House, le plus grand éditeur américain. Avoir été éjecté par Gallimard pour se voir publié en France par Albin Michel et aux Etats-Unis par Random House, il faut le faire ! Et il l’a fait !

 

 

 

 

Maurice G. Dantec aime l’Amérique, aime Israël, par conviction, il a reçu le baptême catholique ; il n’aime pas l’Islam, il anti-avortement. Déjà en septembre 2006, Le Parisien écrivait : « Il est désormais au niveau des plus grands auteurs américains. » Avec American Black Box, la littérature française du  XXIe siècle s’est enfin accordée à son époque.

 

 

 

 

            J’aime quand il écrit : « Personne ne veut plus admettre que le seul but d’un écrivain est d’être lu après sa mort, lu par quelqu’un, une personne au moins, qui tremblera à la lecture de ce qui est écrit, de joie, de terreur, de désespoir ou d’une tout autre émotion que nous n’aurons même pas devinée. » J’aime quand, chez un bouquiniste, après avoir acheté un exemplaire de la revue Tiqqûn, il écrit : « Je me souviens de m’en être saisi avec la jubilation intérieure qui est la mienne quand je devine que quelque chose va se produire ».  J’aime quand il constate que : « Dans un monde de Ben Laden et de José Bové, de Dieudonné et de Lindenberg, de Thierry Ardisson et de Philippe Labro, un éclat de poésie électrique c’est tout simplement un peu de vie qui s’anime au-dessus des cimetières des idées mortes et des idéaux trahis, c’est tout aussi, voire parfois plus vital encore, qu’un attouchement furtif dans le noir. » J’aime quand il juge son œuvre de la manière suivante : « Ainsi, la narration est bien ce moment où les plans apparaissent après que la vie s’est jetée dans le gouffre, où les diagrammes surgissent après leur composition, comme si la vie véritable se cachait en un flux tendu à rebours de la tendance qui nous fait aller gentiment vers le tombeau, de notre vivant. » (…) Lorsque nous mourrons nous passons effectivement par la porte du Néant, mais c’est en fonction de ce qu’aura été notre vie mortelle que nous en ressortirons transfigurés, prêts à la résurrection, ou alors au feu du Jugement. » Et j’aime quand il juge nos politiciens actuels : « Ceux qui continuent de penser que les petites machineries démocratiques dont s’affublent les micro-nations indépendantes ou les cons-fédérés de Bruxelles vont tenir la route au cours des trente années qui viennent sont les mêmes charlatans qui vendirent deux paix mondiales, et soldèrent deux guerres mécaniques universelles, aux populations du monde et de l’Europe, lors de la première moitié du XXe siècle. »

 

 

 

 

            L’érudition d’un homme de cet âge est remarquable. Il aime Nietzsche et le cite avec bonheur : « Nietzsche n’est donc pas un philosophe, au sens grec du terme, c’est un prophète, un témoin qui se souvient de l’avenir, comme le disait Léon Bloy.

 

 

 

 

            Et sa liberté d’expression fait penser à un Léon Bloy, à un Léon Daudet. Et l’on pense à tant d’écrivains muselés par « l’insupportable police juive de la pensée » comme l’a si bien dit la juive Annie Kriegel (1926-1995) dans Le Figaro. Annie Kriegel qui, comme notre écrivain à ces débuts, a été séduite par le communisme.

 

 

 

 

            Et Maurice G. Dantec de poursuivre : « Nietzsche est à la fois un visionnaire positif de cette force[1], et l’anti-pouvoir contre-polaire qui la renverse pour mieux l’intensifier, vers la méta structure paradoxale de la Connaissance , et il est alors le prophète qui indique le chemin très étroit qui ne conduit pas à la destruction ; dans le même temps, il assure que le Monde est vrai grâce à la Poésie , c’est-à-dire ce moment où le langage et le corps forment à nouveau une unité produite par le troisième terme de la vision prophétique, langage du corps devenu lumière, corps de lumière devenu langage. »

 

 

 

 

            Parfois il parle avec lucidité de son cas : « L’imagination, c’est ce qui dans la conscience  vous ouvre au vrai monde concret. » et « La liberté d’expression n’est pas une excuse pour l’absence de talent. »

 

 

 

 

            Un talent qui, incontestablement, ne manque pas à notre auteur. Je fais un parallèle entre Maurice G. Dantec et Philippe Grasset ( revue de defensa) tous deux étant pétris de talent.

 

 

 

 

            « L’extinction des réverbères a commencé. » En une phrase tout est dit sur notre monde actuel. Il précise sa pensée : « L’Homme est u stratagème de Dieu pour tromper le Diable. Nous sommes probablement à la fin d’un cycle humain, analogue à celui qui se termina avec le Déluge et que nous narre l’Ancien Testament. Notre époque humaine, qui débuta il y a un peu plus de cinq mille ans avec Sumer et les premiers récits bibliques, est en train de réunir les éléments nécessaires et suffisants pour son probable anéantissement. »

 

 

 

 

            Ce qui, au beau milieu de considérations géopolitiques, ne l’empêche pas d’avoir de l’humour : « Certains hommes sont faits pour la littérature comme le staphylocoque pour le bidet. »

 

 

 

 

            Puis, redevenu sérieux, il retourne à l’essentiel : « Mais cette fois-ci, il s’agit de la seule richesse vraiment essentielle, qui se rapporte à l’ëtre : il s’agit de la richesse poétique, de la vie poétique, du surplus infini que procure la véritable joie aristocratique d’exister, contre la foule, contre l’art. »

 

 

 

 

            Et il nous prévient : « Personne en Occident, et encore moins en France, n’a encore pris pleinement conscience de cet infime détail : L’heure de la récréation est terminée. La destruction de l’humanité est en cours mais, selon certains critiques, ce n’est pas le rôle du romancier de s’en rendre compte. »

 

 

 

 

            Il me plait de citer quelques phrases d’une interviouve donnée par Maurice G. Dantec à Sur le Ring www.surlering.com/article.php/id/4725 :

 

 

 

 

            Il faut dire qu'avec ce livre je suis passé à un stade supérieur de l'offensive tous azimuts contre l'Islam, la gaugauche mondiale, Zéropa-Land, Chirak, ses sbires, les écrivaillons du cloaque littéraire national, la presse aux ordres, les petits néocollabos franchouilles, quelle que soit leur étiquette politique. J'y fais aussi part de mon abandon total de la France , en tant qu'entité géo-historique déterminée, en tant que « République des Dhimmis ». Je suis un écrivain nord-américain de langue française. Et je suis un Catholique. Je m'en prends directement aux soi-disant « organisations antiracistes », aux « antisionistes » qui ne sont, comme je le dis, que «  des antisémites qui se déballonnent », j'y défends ouvertement la politique impériale de l'Amérique et du « Ring occidental » (Nouvelle Europe slavo-russe, USA, Commonwealth britannique, Israël, Inde) contre la plaque centrale du néo-despotisme asiatique, arabo-islamo-zéropéen. Cela - visiblement - n'est plus concevable sous la houlette du nouvel « État Français ». Comme je le dis dans ma préface, les éditeurs ne sont plus libres de publier, les écrivains ne sont plus libres d'écrire. Mais les journalistes ont le droit de mentir.

 

 

 

 

            La France n'a toujours pas compris que nous étions en guerre. Nous sommes une fois encore devant notre destin de peuple d'esclaves. Celui de 1940.

 

 

            l'Union Zéropéenne n'est plus qu'un appendice politico-culturel de la sphère de domination arabo-islamique, et sa minable constitution antichrétienne n'a été pondue que pour permettre à terme l'absorption de la Turquie , et du Maghreb, voire de tout le monde arabe. L'Eurabie n'est pas un rêve de romancier de science-fiction. Comme le sait la chercheuse israélienne Bat'Yeor, c'est un projet politique supranational, conduit par la France , Bruxelles, et l'Allemagne, depuis au moins 1973, écrit comme tel en toutes lettres dans les directives officielles de l'administration collabo en charge de ce continent politique qui se défait au fur et à mesure que prétendument on le fait.

 

 

 

 

            La Nouvelle Europe se lève à l'Est. Les anciennes nations communistes sont bien mieux armées, à tous niveaux, pour lutter contre le totalitarisme vert, que nos sociétés libérales-gauchistes, parfois encore fascinées par les modèles socialistes, et désormais par ce « communisme du désert ».

 

 

 

 

            La Russie tient un rôle central, car elle est en train de basculer vers l'Ouest, je veux dire le Grand Ouest, celui qui en fait se situe à son Orient, soit l'Amérique du Nord.

 

 

 

 

           

 

 

            La Russie tient un rôle central, car elle est en train de basculer vers l'Ouest, je veux dire le Grand Ouest, celui qui en fait se situe à son Orient, soit l'Amérique du Nord.

 

 

 

 

À la question :           « Il se sent seul jusqu'en lui-même », disait Alexandre Vialatte à propos de Kafka. L'écrivain livrant un combat contre l'état du monde et surtout contre lui-même, comme vous vous décrivez, n'est-il pas définitivement condamné à vivre dans les « cryptes », matérielles et surtout mentales ? Maurice G. Dantec répond :  Il me semble que c'est le monde lui-même qui est devenu une immense crypte. Dans tous les sens du terme, si j'ose m'exprimer ainsi : car ce monde est « crypté », c'est un simulacron général dont le code d'accès nous reste barré, nous n'en possédons plus chacun que des bribes isolées. Le Monde est devenu trop grand pour nous, et trop petit pour nos productions.

 

 

D'autre part, le « contre-monde » qui non seulement s'y « oppose », mais surtout le contamine de l'intérieur, est un processus extrêmement paradoxal, où le plus grand danger côtoie la plus grande espérance. L'expérience de l'Être côtoie de très près celle du Néant, lumières et ténèbres ne me semblent pas articulées dialectiquement, mais plutôt comme des processus hautement dynamiques qui s'incluent l'un dans l'autre selon une géométrie non euclidienne, selon la forme du « surplis ».

 

 

Nous ne sommes pourtant pas condamnés à errer - solitaires - dans des labyrinthes désolés, même si le monde est effectivement devenu ainsi. La littérature doit regarder la Mort en face, certes, mais elle n'est pas obligée d'épouser son point de vue. Elle doit au contraire parvenir à produire le processus alchimique révélateur de la lumière contenue dans les ténèbres, selon l'Évangile de Saint-Jean, cette lumière que les ténèbres contiennent sans pouvoir la retenir.

 

 

Aussi, c'est du fond des ténèbres de ce monde que surgira la transcendance pivotale dont il a cru vainement pouvoir se débarrasser.

 

 

C'est du Verbe que viendra la réponse. Nous n'en sommes que les intérimaires, en Sa provisoire absence.

 

 

Si la littérature ne vous change pas en profondeur, si le fait d'écrire ne vous précipite pas vers un mur de feu qui consume tout ce qui en vous peut être consumé, autant devenir buraliste, ou huissier de justice, ou journaliste aux Inrockuptibles.

 

 

            Un étrange voyageur, alors, qui voyage devant l'écran de son ordinateur, et dans le monde que son esprit trace entre lui et ce qui s'écrit.

 

 

Un voyageur immobile. Un Voyageur temporel, plutôt que spatial ? En fait, la réponse est celle-ci : pour un écrivain c'est le monde qui voyage en lui, pour ne pas dire contre lui.

 

 

À la question finale de l’interviouve : Vous vous définissez comme un « catholique du futur ». Qu'entendez-vous par là ? Maurice G. Dantec répond : Que le futur est déjà là.

 

 

 

 

Dans Voir en janvier 2004, Maurice G. Dantec écrit :

"Il y avait au moins UNE arme de destruction massive à extraire d’Irak, cher monsieur, et elle s’appelait Saddam Hussein. Aux dernières nouvelles, les Américains lui ont pris sa température rectale..."

 

 

 

 

 

 

Dans Le stalker en octobre 2004 , Juan Asensio écrit : Il faut défendre Dantec, je le répète souvent et ne suis pourtant pas, Dieu m’en garde, un justicier de salon ou, bien pire, l’apôtre d’un nouveau messie. Il faut défendre Dantec mais il faut le défendre intelligemment, sans craindre de critiquer certains points de son œuvre plutôt que de le statufier verbeusement, c’est-à-dire maladroitement, c’est-à-dire en rendant à ce paria des lettres françaises ou de ce qui reste plutôt de celles-ci un bien mauvais service, peut-être même, encore une fois, le pire : le ridicule de l’apostolat. Le défendre oui, c’est entendu mais… pourquoi ? Voici la seule question qu’il importe de poser, lourde d’ailleurs de conséquences.
Il faut défendre Dantec parce que, jusqu’à preuve du contraire, cet écrivain est l’un des seuls (j’allais écrire : l’un des derniers…) à donner à l’écriture sa dimension vitale, essentielle au sens premier de ce terme qui nous invite à contempler l’Origine, non pas pour tomber dans le piège prétendu de la réaction narcissique et nostalgique, piège diligemment creusé par quelques taupes luisantes de moralité mais au contraire pour regarder vers ce qui se dresse devant nous, ou plutôt s’ouvre sous nos pieds : l’horreur ou, disait quelque écrivain visionnaire, la fosse de Babel.


 

 

Dans Copyleft, juin 2003, Maurice G. Dantec écrit :
Après l'arrestation 160 opposants irakiens par la "Gestapo Chirakienne", que peut-on encore souhaiter à ce pays "qui fut un jour la France , et trahit à chaque occasion la grandeur de son histoire", sinon de passer un jour prochain


 

 

Dans Cancer!, mars 2003,  Maurice G. Dantec écrit :
À l'heure où la bien-pensante Françallemagne proteste unanimement contre l'intervention qui s'annonce en Irak : "L'Europe est morte. Vive l'Europe". Celle-ci se reconstruira, non pas contre les Américains, mais contre la vieille Europe postmoderne, et son télé-Chirac, en guise de héros islamo-pacifiste.


 

 

Sur Radio Canada,  Maurice G. Dantec dit : Guerre civile française ! je répète mes mots, c'est à dire que visiblement les forces de l'ordre républicaines sont dépassées par les événements. Le mouvement va évidemment faire tâche d'huile. On commence à tirer sur les policiers à armes réelles, avec des armes de poing. Il faut savoir que dans toutes les banlieues, qu'elles soient parisiennes ou lyonnaises ou marseillaises, des armes de poings, de guerre ! (par exemple des fusils d'assaut AK47 venant d'Albanie ou de Bosnie) sont planquées dans les caves et qu'elles n'attendent que le moment opportun pour sortir. Quel va être ce moment opportun, le moment où l'Etat républicain n'aura plus les moyens d'assurer l'ordre public. À ce moment là, on en est très proche.

 

 

Et : moi j'ai franchit l'Atlantique : Je laisse la vieille Europe à ses fantômes.

 

 

Ivan de Duve

 

 

Ivan de Duve

 

 

11 février 2007

 

Cet article est paru dans le site Les Manants du Roi : www.lesmanantsduroi.com  du 18 mars 2007, rubrique Les Belles Lettres, article n° 5151. 

 

 



[1] La force-technique

 

 

Publié dans Lectures

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