Le 28 mai

Publié le par Ivan de Duve

Le 28 mai

Dans son roman Le Réseau Corneille[1], Ken Follet[2] fait débuter la trame de son ouvrage le 28 mai 1944[3]. jour du décès de Paul Vandromme, Jacques Trémolet de Villers nous signale, lui, que ce 28 mai 2009, tout a changé.

 

Le 28 mai 1944, débute l’histoire d’une brigade unique en son genre Le Réseau Corneille, regroupant six femmes à la personnalité hors du commun : l’aristocrate, la taularde, l’ingénue, la travestie, la technicienne, la tueuse. Chacune, recrutée par Betty, officier de l’armée anglaise, experte en matière de sabotage, va aider à détruire le système de communication allemand en France à quelques heures du débarquement.

 

Le 28 mai 2009, lors d’une conférence donnée par Gabriel Matzneff dans la merveilleuse librairie bruxelloise Tropismes[4], Marc Laudelout[5] nous annonce la mort, ce même jour, de Paul Vandromme, âgé de 82 ans, un des meilleurs critiques littéraires belges qui, en 2001 a publié un Céline anticonformiste, politiquement incorrect et marqué de son indépendance d’esprit. Seul son ouvrage sur Léon Degrelle m’avait déçu, celui, publié récemment par Jonathan Littell sous le titre Le sec et l’humide[6] lui étant nettement supérieur.

 

L’unique quotidien français de droite Présent, dans son numéro 6852 du 3 juin 2009, nous donne, sous la signature de Jacques Trémolet de Villers un merveilleux « papier » sur une cérémonie qui s’est déroulée le 28 mai 2009 en la cathédrale Notre-Dame de Paris à l’invitation des évêques d’Île-de-France. L’avocat-écrivain-poète-journaliste conclut par ces mots : ce qui est certain, c’est que, comme dans Le Cid, « le combat a changé d’âme ». Quels que soient les éventuels retours de flammes, les désillusions, tracasseries ou chamailleries inévitables, rien ne pourra faire que cette soirée n’ait pas été.

Il précise : La cathédrale était plus que pleine. L’assistance comptait tous les âges, mais la jeunesse était largement majoritaire. Et, plus loin : cette veillée de prières pour la vie était surtout une supplication pour l’accueil et le respect de cette vie humaine, particulièrement quand elle est défigurée, avilie, écrasée par la douleur. En nos temps où le paraître l’emporte sur tout (…) oser dire (…) que l’Église recueille, adopte, console, vénère et aime (…) les pauvres, les malades, les estropiés, les tordus, les mourants, les disgraciés, les débiles et les paumés, c’est un bel acte de courage, d’un total et tranquille anticonformisme, sans un atome de la lâcheté habituelle du minable respect humain.

 

Et il conclut : Rien ne pourra nous faire oublier qu’il y eut, un soir, à Notre-Dame de Paris, la foule des chrétiens, réunie par leurs évêques et leurs prêtres, sous la présidence du cardinal archevêque de Paris, pour dire, au cœur de leur prière, enracinés dans l’adoration du Très Saint-Sacrement, « nous ne pouvons pas accepter… ».

Ivan de Duve

12 août 2009, jour anniversaire de Denise Ledoux



[1] Le Livre de Poche, n° 37029 Robert Laffont, 2002

[2] Le fabuleux auteur d’une quinzaine de romans traduits en français dont Les Piliers de la Terre

[3] Pour la terminer le 6 juin 1945

[4] 11, Galerie des Princes 02 512 88 52 info@tropismes.be

[5] Bulletin célinien

[6] L’arbalète - Gallimard

Publié dans Journal intime

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