26 juillet 2006

Publié le par Ivan de Duve

26 juillet

 

Mercredi prochain, étant né en 1933 le jour de la fête de Sainte-Anne, j’aurai donc 73 ans ou, comme le dit Francis Conem, je rentrerai dans mas 74ème année. Difficile à croire. Le temps passe si vite. Maintenant, il me reste à préparer le grand voyage. C’est la vie ; la vie qui vaut d’être vécue.

 

Du monde de mes 20 ans il ne reste rien. Sauf mes souvenirs. Mais quels souvenirs ! Merveilleux, drôles, craquants quoi ! Sauf la lecture, ce vice impuni comme l’a si joliment définie Valery Larbaud. À vingt ans, je baignais depuis plus d’un lustre littéralement et littérairement dans Dostoïevski, Homère, Virgile, Horace, Jean Giono, Jean de La Varende , Louis-Ferdinand Céline, Charles-Ferdinand Ramuz, Blaise Cendrars, Jean Anouilh,  Maurice Leblanc, Karl May, Michel Zévaco et tant d’autres. À 20 ans, je découvrais les jeunes filles, plus proches de celles, les veinardes,  d’Henry de Montherlant que de celles, les pauvres, de Simone de Beauvoir.

 

Du monde de mes 70 ans, il reste peu de choses. Que d’amis disparus ! Mais de nouveaux amis, heureusement. Et toujours ma chère lecture. Avoir 70 ans n’empêche pas de se baigner et j’eus grand plaisir à me plonger dans Maurice Bardèche, Robert Faurisson, Jacques de Benoist-Méchin, Alfred Fabre-Luce, Pierre Gripari, Alexandre Vialatte, Saint-Loup, Jean Auel, Colleen McCullough, Ayn Rand, Vladimir Volkoff, Jean Raspail et tant d’autres. À 70 ans, j’étais déjà marié, du moins civilement, depuis quelque 40 ans avec ma délicieuse Isabelle, bâtarde du prince Volkonski mais plus princesse que toutes les autres princesses que j’ai connues. Et j’ai eu le privilège de pouvoir l’épouser religieusement moins d’un lustre avant l’anniversaire de mes 70 ans, quelques mois à peine après le décès de son premier mari, père des ses enfants.

 

Mes beaux-parents nous ont quittés, l’un une année après l’autre, depuis plus de deux lustres. Mon père nous a quittés l’année dernière, dans sa 96ème année, en allant chercher son vin préféré un grain de gris, rosé de chez Listel, et en ratant une marche conduisant à sa cave. Il avait largement dépassé ses 70 ans de mariage.

 

Nous aurons, Isabelle et moi, aidés de l’ami Georgie, son garde-malade,  et de ma sœur, la joie de fêter mon prochain anniversaire, ce 26 juillet,  chez ma maman chez qui nous retournerons le 14 août fêter ses 92 printemps à elle.

 

Ainsi va la vie…

Publié dans Journal intime

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