Adieu au fascisme

Publié le par Ivan de Duve

Robert Poulet

 

 

 

Adieu au fascisme

 

 

 

 

 

 

Il

 

 

 

 est des petits tirages qui sont des petits trésors. Je possède dans ma bibliothèques des petits opuscules tirés à 150 exemplaires, écrits par Francis Conem, qui, entre autres choses, m’ont fait découvrir le plus merveilleux épistolier du XIXe qui soit : Ximénès Doudan que presque plus personne ne connaît et dont les lettres valent celles de madame de Sévigné ! Je viens de lire un petit ouvrage de quelque quatre-vingts pages de Robert Poulet qui est un petit joyau tiré à 200 exemplaires par l’Institut d’histoire des identités nationale et régionale qui se situe à Saint-Marcel par Argenton-sur-Creuse et dont l’initiateur est mon ami Francis Bergeron dont, sous le nom de plume de François Berger, j’ai lu, en son temps, moult articles et qui est également la cheville ouvrière de la société des amis d’Henri Béraud en l’île de Ré.

 

 

 

Ce petit joyau contient des perles telles que : « il est injuste que l’éléphant soit plus puissant que l’antilope, mais il n’est pas possible de transformer une antilope en éléphant, animaux moins différents que ne le sont l’un de l’autre l’homme bien né et l’homme mal né. »

 

 

 

Jean-Pierre de Guibert ne dit-il pas qu’il reste à l’homme lucide à se réfugier dans ce que Montherlant appelait « le sourire de la pensée profonde ». Robert Poulet nous rassure en affirmant « Je suis persuadé que toute idée vraie est opportune et qu’on n’a jamais raison trop tôt ». Car « Pendant le premier tiers du XXe siècle, les régimes qui soutenaient le régime capitaliste et démocratique n’étaient plus ressentis comme légitimes par la grande majorité des habitants de ce continent ». Or « partout où le socialisme scientifique se développait, la lumière spiritualiste s’éteignait promptement. »

 

 

 

Et Robert Poulet conclut son opuscule à la prison de Saint-Gilles le 23 mars 1948 par ces mots sublimes : « Envers l’idée (du fascisme) ensevelie, il n’en reste pas moins un devoir suprême à remplir : la débarrasser des méprises ou des calomnies qui la défigurent. Lui mettre le visage, sans hésitation ni ménagement, dans la lumière de la vérité. »

 

 

 

Dans un autre texte de ce petit ouvrage, Robert Poulet écrit ces mots que mon ami Marc Laudelout doit approuver sans réserve : « Il faut être battu à plates coutures, comme Céline, pour avoir du génie. Surtout il faut avoir l’esprit complètement dégagé. Et alors tout devient possible, même de constituer à travers le monde une petite société d’outlaws, qui se reconnaissent entre eux dès les premières phrases, par une parfaite indifférence aux tabous. » Et ce merveilleux espoir : « Peut-être, grâce aux ‘fils de princes’ qui se lèvent derrière nous et qui fixent sur la vie moderne le regard insolent qu’elle mérite, peut-être tout, dans le patrimoine que nous ont transmis les siècles, n’est-il pas définitivement perdu ».

 

 

 

Un joyau, vous ai-je dit…

Ivan de Duve

14 mai 2006

Fête de Sainte Jeanne d’Arc

Cet article est paru dans le n° 69 de Renaissance européenne du dernier trimestre 2006

et dans le n° 379 du Libre Journal de la France courtoise du 30 mai 2006.

Publié dans Lectures

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