Mrs Hungerford

Publié le par Ivan de Duve

 

Molly Bawn

 

Beauty is in the eye of the beholder

 

           Margaret Wolfe Hungerford

 

Les

 

 hasards de la vie apportent souvent de bonnes surprises. Ainsi lorsque la charmante baronne Anne de Broqueville m’a confié un sien livre dont la couverture et la page de garde comportent le nom du roman  Molly Bawn  et l’indication « roman traduit de l’anglais avec l’autorisation de l’auteur par Mme Ambroise Tardieu, Paris 1884 Librairie Hachette et Cie », elle ne se doutait pas que, par Internet, je trouverais le nom de l’auteur, Mrs Margaret Wolfe Hungerford dite Mrs Hungerford, mais également un très joli dessin de l’héroïne du roman exécuté en 1911 par le peintre Charles Dana Gibson. Mrs Hungerford (1855-1897) est née Hamilton dans le Comté de  Cork en Irlande. Au cours des vingt dernières années de sa vie, elle a écrit une soixantaine de romans, véritable Barbara Cartland du XIXe siècle, dont Molly Bawn (1878) est probablement le meilleur. Son succès a été considérable et l’héroïne a inspiré peintres et compositeurs. En Irlande, la chanson Molly Bawn a ravi de très nombreux Irlandais.

 

 

Mais revenons au roman. Molly qui a perdu ses parents fort jeune est élevée par son frère et sa belle-sœur dans la campagne irlandaise. Elle y mène une vie toute simple. Puis les événements se précipitent : l’arrivée un ami de son frère dont elle s’éprend tout comme lui s’éprend d’elle, une invitation imprévue de son grand-père dont elle fait enfin connaissance, une rupture (provisoire) avec son fiancé, une carrière musicale à Londres et un happy end avec son fiancé retrouvé. Ce roman nous plonge dans un monde qui n’est plus le nôtre, séparé de nous d’à peine trois générations. Peut-on encore s’imaginer écrire une phrase telle que celle-ci ? Tirant les lourds rideaux il passe son temps à regarder par la fenêtre les gens qui vont et viennent, tous préoccupés par la grand affaire de la vie… gagner de l’argent et le dépenser. Ou comme cette autre, Et ils y passent leur journée. Et ils sont heureux au-delà de toute expression, naïvement, sans arrière-pensée. Miracle que seuls la jeunesse et l’amour peuvent accomplir en face des mécomptes de la vie. Des phrases toutes simples, des sentiments simples mais non moins vrais. Un mondé qui existait il y a à peine deux fois le temps de mariage de mes parents. Un monde où il fait bon de se retremper de temps à autre. Merci Anne de me l’avoir fait partager.

 

Ivan de Duve, 21 décembre 2005

 

Mrs Hungerford

 

Ambroise Tardieu

 

Molly Bawn

 

Librairie Hachette 1884

 

À rechercher sur :  www.chapitre.com & www.livre-rare-book.com

 

 

Publié dans Lectures

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article