Pendragon

Publié le par Ivan de Duve

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Pendragon, le grand roi de Bretagne.

 

Ce fut pour moi un véritable enchantement, après m’être ressourcé à Puget-sur-Durance (84) de poursuivre, par ce quatrième tome, le Cycle de Pendragon, qui en compte cinq. Stephen Lawhead décrit, ou plutôt, à la manière d’un Barde, nous conte ici le plus grand exploit de la vie d’Arthur, à savoir comment il a lutté pour sauver le Royaume de l’Été de son plus terrible ennemi. Ah temps béni où il y avait des guerriers, des croyants, des druides et des bardes, des petits rois au Nord et au Sud de la Bretagne et un Roi des rois ; le Pendragon, Arthur !

 

Au début de ce fabuleux récit, c’est Marlin qui prend la parole.

 

Il nous rappelle qu’ »Arthur était fils d’Aurelius, et neveu d’Uther. Sa mère, Ygerna, avait été l’épouse de l’un et de l’autre. (…) jamais souverain ne fut plus aimé qu’Aurelius, ni plus heureux au combat qu’Uther. À la mort d’Uther Pendragon, les nobles de Bretagne se réunirent en conseil à Londinium pour choisir un nouveau Grand Roi. Plutôt que de voir la couronner un roi n’ayant pas toutes les qualités pour devenir Pendragon, Merlin plante l’Épée de Bretagne dans la pierre et s’écrie : quiconque pourra retirer l’épée de cette pierre sera le roi légitime de toute la Bretagne. Puis Merlin part avec son fidèle Pelléas voir l’enfant, pour voir  Arthur, âgé de huit ans. Quinze ans vont encore se passer avant qu’il ne puisse devenir le Pendragon tant attendu.

 

Ayant confié l’éducation d’Arthur à Ectorius, Merlin et Pelléas partent pour aller voir dans quelle situation est le Sud.

 

En route, ils apprennent que Morcant de Belgarum ravage la région et que le roi Madoc ne lui oppose aucune résistance. « Les Belgæ étaient une très vieille tribu (…) Conclure la paix avec Rome leur avait permis de s’installer dans la région. » Leur siège se trouvait à Caer Uintan où Merlin et Pelléas rencontrent l’évêque Uflwys… et Morcant. Entre Caer Uintan et Ynys Avallach, l’Île de Verre, également nommée Ynys Avallach, demeure d’Avallach, le vieux roi Pêcher, et de sa fille Charis, mère de Merlin, se trouve le royaume de Bedegran à qui Merlin et Pelléas rendent visite. Bedegran leur apprend que Morcant a un fils, Cerdic et Merlin en conclut que « Morcant s’occupait activement de se débarrasser des rivaux afin de dégager le voie pour son fils. » Puis Merlin et Pelléas passèrent « tout l’été à tenter désespérément d’expliquer aux petits seigneurs du Sud que guerroyer entre eux affaiblissaient la Bretagne ». Puis ils dirigèrent leurs pas vers Ynys Avallach où ils retrouvèrent Avallach et Charis. Puis ils repartent : »Le chemin est long jusqu’à Caer Edyn, et il vous laisse le temps de songer à la folie des hommes imbus de leur importance ».

 

Ils retrouvent Arthur qui leur apprend qu’il n’y a pas eu de Rencontre cette année mais qu’une chasse est prévue à laquelle il peut participer ; il demande à Merlin d’y assister.

 

            « C’est une chose étrange et subtile, mais je crois maintenant que je devais échouer – comprendre que tous mes efforts pour ramener la paix étaient vains – avant de pouvoir prendre conscience de la réalité qui se tenait devant moi, hardie comme la vie. Pour saluer la rédemption, il faut d’abord avoir connu le total désespoir et l’échec. Car comment un homme peut-il chercher un secours à moins de savoir qu’il est vraiment perdu ? C’était là devant moi – depuis toujours ! – mais j’avais été aveugle. Je le voyais maintenant pour ce que c’était et, oh, pour tout ce que cela deviendrait. Oui ! Je me rappelle bien ce moment. En vérité, cet après-midi doré avec Arthur si heureux près de moi reste un des plus glorieux dont je me souvienne. Car, dans ce bref instant, je contemplai la forme que prendrait notre salut. Grande Lumière, penser que j’aurais pu le laisser échapper ! » (Paroles de Merlin).

 

            « Après sept ans d’incessants combats, Arthur rompit l’échine de la horde barbare au mont Baedun : une terrible bataille qui dura trois jours et coûta des vies  par milliers. Et cela alors qu’Arthur n’était pas encore roi ! ».

 

            « Il ne s’écoule pas un jour sans que je me rappelle avec délice le couronnement d’Arthur ap Aurelius. (…) Les Cymbrogi, Compagnons du Cœur, défilèrent devant Arthur (…) Chacun jura fidélité à Arthur, lui voua sa vie et le reconnut pour roi. (…) Puis Merlin le proclama roi de toute la Bretagne (…) et Dyfrig, l’évêque de Mailros, le consacra roi Protecteur de la Bretagne ».

 

            « Le long crépuscule avait cédé la place à une lumineuse soirée et (…) débuta dans la Région des Étoiles d’Été le règne longtemps attendu d’Arthur, (…) Pendragon de Bretagne !».

 

            Merlin suggère un second couronnement à Londinium en y faisant convoquer les seigneurs du Sud. « Fort bien, dit Arthur (…) Le Nord et le Sud sont séparés depuis bien longtemps. En moi, ils seront réunis. » À la fin de se second couronnement, Gwenhwyvar, fille de Fergus et reine d’Ierne, précédée de seize jeunes filles portant toutes une tunique blanche et, dans leurs mains, une colombe blanche, vint revendiquer Arthur comme mari. Ce qu’Arthur accepta.

 

            C’est en voyage de noce en Ierne qu’Arthur livra, en sa qualité de Pendragon, l’Ours de Bretagne,  sa première bataille. Son adversaire, Amilcar, Roi Guerrier, Twrch Trwyth, Sanglier Noir des Vandali est un adversaire de taille ! Merlin, après une longue absence, redevient Myrddin le Roi Guerrier pour porter assistance au Pendragon Arthur. Le Sanglier Noir use de plusieurs ruses. Des chefs irlandais se placent, eux, sous les ordres d’Arthur.


 

            « Dieu nous vienne en aide, nous sommes moitié poussière, moitié lumière d’étoile, et nous ne savons pas qui nous sommes. Nous sommes perdus, à moins de nous retrouver en toi, Grande Lumière. (…) Mais je voyais Ynys Pridein, l’Île des Forts, tel un roc cerné par la mer, ferme au milieu des vagues poussées par la tempête… une contrée bénie, lumineuse comme un bûcher de Beltane dans la nuit déserte, seule parmi ses sœurs les nations à tenir encore en échec les ombres dévorantes. Et cela par la vertu d’un lignage qui associait le courage ardent des Celtes et la froide impassibilité de la discipline romaine, réunis dans le cœur d’un seul homme : Arthur ». (Paroles de Merlin).

 

            La peste commence à dévaster la Bretagne. Merlin va voir sa mère, Charis, qui lui apprend que des herbes médicales peuvent aider à faire face à cette terrible épidémie. De plus, les moines l’aident à comprendre que la source de l’épidémie se trouve à Londinium. Des instructions sont données dans toutes les fermes et villes du pays pour préparer les potions nécessaires. La Bretagne était « dévastée par le Sanglier Noir et la population décimée par la peste. (…) Arthur dépêchait de rapides messagers pour prévenir les villages de l’approche des envahisseurs. Même cette tâche simple était rendue ardue du fait que le rusé Amilcar avait divisé ses forces. Il n’y avait désormais pas moins de sept armées ennemies qui rôdaient à travers le pays, chacune sous le commandement d’un chef vandale dont la seule préoccupation était de s’enfoncer le plus loin possible dans les terres en se livrant au pillage à chacun de ses pas. »

 

            Gwenhwyvar demande l’aide de son père en Irlande. Un des seigneurs répondant à son appel dit cette phrase sublime : « Arthur a dignement démontré ses vertus. Nous devons maintenant lui montrer les nôtres, ou nous considérer à jamais comme des hommes sans honneur. » À quoi Gwenhwyvar répondit : « toute la gloire que vous gagnerez au combat ne pourra égaler celle que vous vous êtes acquise aujourd’hui. »

 

            « Être attentif au miracle ordinaire, voilà le véritable présent d’un Créateur éperdument généreux, qui toujours invite ses créatures à contempler l’exubérance de son sublime ouvrage. Il y a une joie profonde et immuable à l’œuvre en ce monde, et nous, qui toute notre vie sommes à la peine, l’oublions souvent. Mais voyez : elle est autour de nous ! Incessante, inlassable, aussi sûre que le lever du soleil et aussi constante que le rythme d’un battement de cœur. »

 

            « Grande Lumière, où sont les hommes de pouvoir et de vision, dont les paroles tirent la vie de la mort et allument la bonté dans les cœurs les plus froids ? Où sont les hommes qui osent de grandes choses, dont les gestes sont des légendes ? ».

 

            Après être tombé dans une embuscade et en être sorti sain et sauf, Arthur se voit proposer un duel à mort par Amilcar, le Sanglier Noir. Après mûre réflexion, il l’accepte.

 

            « Un homme peut douter, il peut nourrir de grandes craintes, et pourtant respecter son serment. C’est, je crois, le plus grand accomplissement de l’esprit… s’accrocher à sa foi par la seule force de sa volonté& quand le feu de la certitude s’est éteint. Car lorsque soufflent les rafales embrasées de l’ardeur, même l’âme la plus faible peut prendre son envol. Mais quand meurt la flamme et que retombe le vent se mesure la véritable valeur d’une âme. Ceux qui persévèrent au milieu des difficultés acquièrent une grande force et trouvent grâce devant Dieu. »

 

            Les pages qui décrivent le duel entre le Sanglier Noir et l’Ours de Bretagne sont parmi les plus belles de l’œuvre de Stephen Lawhead. Aidé par sa fameuse épée Caledvwlch, Arthur, blessé, finit par tuer Amilcar. Il accepte la reddition des Vandales. Merlin et Gwenhwyvar amènent Arthur à Ynys Avallach où Charis utilise tous ses talents pour le sauver.  Mercia, le seigneur vandale, se fit baptiser. « La Bretagne était alors au faîte de sa gloire ».

 

Ivan de Duve

20 novembre 2007, fête nationale patagone.

 

 

 

 

Stephen Lawhead

Pendragon (Cycle de Pendragon IV)

Le Livre de Poche n° 15307

ISBN : 2-253-15307-9

EAN : 9782253153078

Publié dans Lectures

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