Le Roi Arthur

Publié le par Ivan de Duve

Arthur.jpg
 
 Stephen Lawhead est né aux États-Unis en 1950 et vit actuellement à Oxford en Angleterre où il a publié le Cycle de Pendragon de 1988 à 1995. La remarquable traduction française est due à Lux Carissimo ; elle est éditée en 5 Tomes chez Le Livre de Poche. Arthur est le Tome III.
 
Le Roi Arthur, Arthur le Roi des Rois, Arthur le Pendragon, dont Stephen Lawhead nous conte ici la vie, est un des grands héros de notre histoire.
 
Il était entouré de ses compagnons de cœur qu’il nommait Cymbrogi. Ils étaient pour lui le ciel et la terre. Et Arthur était pour eux « tout cela… et bien d’avantage. Méditez cela. Réfléchissez-y longuement. Alors seulement, peut-être, commencerez-vous à comprendre l’histoire ».
 
C’est Palléas, prince de Llyonesse, qui commence à conter comment il a vu Arthur. Son récit commence par l’arrivée des seigneurs à Londinium pour tenir conseil et déterminer qui parmi eux pourrait devenir Grand Roi, devenir Pendragon. L’Épée de Bretagne est figée dans la pierre depuis quinze ans. L’avaient possédée « l’empereur Maximus, Constantin, Constance, Aurelius et Uther, chacun tout à tour Grand Roi de Bretagne ».
 
Pendant ces quinze années, le pouvoir des Saecsens n’a fait que croître en Bretagne. Quinze ans pour qu’Arthur parvienne à l’âge adulte. À la requête de Merlin, Arthur saisit la poignée de l’Épée de Bretagne et… la tire hors la pierre. C’est l’épée à la main qu’il rejoint le conseil des seigneurs de Bretagne. Les seigneurs, et en particulier Morcant, ne l’accueillent pas favorablement. Merlin lui apprend qu’il est fils d’Aurelius et de Ygerna et comme tel, non seulement il était digne d’être roi, mais qu’il était déjà un roi, le Grand Roi. En convaincre les autres ne fur pas une mince affaire. »En vérité, les petits rois ne désiraient pas rendre hommage à Arthur. Il lui faudrait se gagner leur loyauté. La grande préoccupation de Merlin était de l’y aider. Il y parvint en ressuscitant le titre de Dux Britanniarum, Duc de Bretagne –l’ancien titre d’Uther à l’époque où il était chef de guerre d’Aurelius-, pour le décerner à Arthur. Le conseil finit par y consentir, car cela le dispensait de proclamer directement Arthur roi. Puis Merlin obtint qu’une armée soit levée avec l’appui du conseil et qu’Arthur en soit Chef de Guerre.
 
Caius et Arthur entreprennent de gravir les premiers une montagne. Saint-Loup aurait apprécié ce passage. À leur retour, ayant réussi l’escalade, Palléas note : « … ils apparurent et je n’oublierai jamais l’expression de leurs visages. Car je n’avais jamais vu un tel air de triomphe et d’exaltation chez un être humain… et je ne l’ai vu qu’une fois depuis. Ils étaient épuisés, échevelés, mais rayonnant de joie. Ils étaient des héros. Ils étaient des dieux ».
            « J’ai vu une montagne qui portait le nom d’un homme et ce nom était Arthur, avait dit Merlin.
            Je ne devais découvrir la pleine signification de ces paroles que de nombreuses années plus tard, lorsque les bardes eurent appris les exploits du jeune Arthur et donné à la montagne le nom de Grand Tombeau –ce par quoi ils voulaient dire qu’Arthur avait vaincu le géant couronné de neige-.
            Le jour où il quitta le Conseil des Rois avec l’Épée de Bretagne sur la hanche, il avait une autre montagne à conquérir, et un autre géant à envoyer au tombeau[1]. La montagne était la construction de l’unité de la Bretagne… l’insolente vanité des petits rois étaient le géant. »
            Arthur était le fils d’Aurelius mais « il fallait plus que cela pour faire d’un homme un Grand Roi. Il lui fallait le soutien de tous les rois ».
            Arthur, accompagné de Merlin et de son fidèle Palléas commencent par traverser la Manche et visiter l’Armorique. « Dans l’ensemble, nous trouvâmes que Brocéliande ressemblait beaucoup à Celyddon et que la colonie du Peuple des Fées était presque identique. La forêt sombre et touffue, dissimulait le village aux yeux du monde aussi sûrement que n’importe quel enchantement. » C’est là que Palléas rencontre Morgian… qui, par sortilège, a endormi Merlin. Palléas fait mettre Merlin sur une litière pour le ramener en Bretagne, à Ynys Avallach où sa mère Charis, aidée par l’abbé Elfodd vont, avec l’aide de Jesu, réussir à le ranimer. À l’entour, des villages avaient été détruits par Saecsens. Mais Merlin et Palléas retrouvent Arthur à Caer Melyn. Au printemps, ils apprennent que Morcant marche sur eux ! « Mais le génie d’Arthur reposait en partie sur sa remarquable capacité à se servir du terrain ».Morcant tué, son fils « Cerdic avait fui avec son armée presque intacte (…). Pendant que nous, Breton, nous battions entre nous, les navires barbares continueraient d’arriver et les villages de brûler (…) Et la race des Saecsens redeviendrait puissante en Bretagne ». Arthur tue Cerdic mais l’Épée de Bretagne est brisée.
 
            (…) mais jamais je ne l’avais entendu chanter comme le fit Merlin. La harpe tissait son étincelante mélodie argentine que suivait la voix de Merlin, y entrelaçant sa propre mélodie, recréant les paroles immémoriales. Ces paroles ! Chaque mot, chaque note et chaque souffle jaillissaient à la vie comme s’ils venaient de naître : clairs et frais comme à l’aube de la création, intacts et innocents. Entendre chanter Merlin… Oh, l’entendre était contempler la naissance d’une créature vivante. La chanson était vivante ! ».
 
            Charis, la Dame du Lac, remet une nouvelle épée à Arthur qui, sur une suggestion de Merlin, l’appelle Caledvwlch, ce qui en celte romain signifie Taillefer. « -Tu m’as offert cette épée, dit-il d’une voix chargée d’émotion. Et maintenant tu m’as donné la vision qu’elle doit servir. Maintenant je sais la raison de ma naissance : je serai le Seigneur de l’Été. Avec l’aide de Dieu et de ses anges, je le serai. J’instaurerai le royaume de l’Été ».
 
Ici Bedwyr, prince de Rheged, poursuit le récit. « L’or pur n’a pas besoin de dorure. »
 
            Il y eut douze guerres. Mais Arthur commença à obtenir allégeance d’Aelle, en échange des terres qu’il occupait. Puis il proposa la paix à Colgrim et à Octa qui l’acceptèrent. Ensuite il s’en fut tenir conseil avec le roi Lot d’Orcadie, qui possédait beaucoup de navires, obtint de lui une flotte et se mit à faire construire d’autres navires. C’est ainsi que les Bretons qui possédaient déjà des chevaux se mirent à posséder une flotte remarquable. Ils firent face aux Angli et trois fois les vainquirent. Arthur donna la vie sauve à Baldulf en échange de sa promesse de quitter la Bretagne et de ne plus revenir s’y livrer au pillage. « Ce fut ainsi que nous entrâmes dans la forteresse d’Ectorius : nos voix mêlées dans une chanson hardie. Arthur porté au-dessus de nos têtes, sa blonde chevelure luisant au soleil, l’or de son torque embrasé à son cou et son épée, Caledvwlch, brandie vers les cieux ».
 
            Merlin affronte Morgian et anéantit son pouvoir mais leur affrontement le rendit aveugle. « Charis rendit grâce au ciel de voir son fils revenir en vie. Elle s’affligea de sa cécité, mais se mit aussitôt au travail pour le soigner ».
 
            Puis une nouvelle bataille eut lieu contre les Saecsens et les Irlandais. Le petit Peuple, lui, se joignit à Arthur. Vaincu, Fergus, le roi Irlandais, prêta serment et voua sa vie à celle d’Arthur. « C’était toujours pareil avec lui : Myrddin essayait d’accorder la chanson à ses auditeurs, afin que celle-ci leur parle d’un monde qu’ils puissent chérir dans leurs cœurs ».
 
            Les barbares avaient appris une nouvelle tactique. Terminés les combats en terrain découvert. Ils tombèrent sur une forteresse romaine en ruine à Caer Gwynnion et s’y établirent à quelque trente mille hommes. Les guerriers bretons n’étaient que dix mille pour en faire le siège. Les connaissances de Myrddin leur furent précieuses : ils édifièrent une tour montée sur roues, légèrement plus haute que les murailles, ils fabriquèrent un onagre pour lancer des pierres sur les murs et dans la cour. L’assaut permit aux Bretons de remporter une nouvelle sorte de victoire. « L’obstination de Baldulf lui coûta la bataille. Son orgueil lui coûta la vie. »
 
            Fergus arrive d’Irlande. Il offre à Arthur son champion Llwch Llenlleawg, sa fille Gwenhwyvar, les antiques trésors de son peuple sous forme de quatre torques d’or de la plus remarquable facture. Myrddin apprend à Arthur que, chez les Irlandais, la royauté se transmet de la femme à son époux. L’Ours va devenir roi d’Ierne ! Fergus lui apprend que les Picti se préparaient à attaquer le Sud, probablement rejoints par les Angli. Arthur envoie, sur le conseil de Myrddin, la belle Gwenhwyvar, à Ynys Avallach en l’Île de Verre, sous la protection de son champion Bedwyr. Ils furent subjugués par l’élégance et la bonté de Charis.
 
            Arthur avait établi le siège devant la forteresse de Caer Alclyd occupée par les Picti. Il apprend que Angli et Picti assiègent également Caer Edyn. Qui leur a appris l’art de la guerre ? Arthur décide d’attaquer le soir même. Et remporte une nouvelle victoire.
 
            Comme Caer Alclyd à l’ouest et Car Edyn à l’est, Trath Gwryd possèdent une forteresse. Et elle est occupée par les Picti. D’autres barbares venaient se joindre au combat. Aux Picti barbouillés de bleu s’étaient joints, Angli, Jutes, Merciens, Frisons, Scoti, Attacoti et Cruithne ; bref les vieux ennemis de la Bretagne romaine. Arthur régla promptement le sort de la forteresse de Trath Gwryd et son armée se mit en route pour Caer Edyn qu’elle trouva  entourés d’armées barbares. « Arthur dressa aussitôt son plan de bataille ». « La résistance ennemie sombra dans le chaos et les barbares s’éparpillèrent ». Bedwyr apprend à Arthur que le Bretwalda qui dirige l’armée ennemie n’est autre que Cerdic ap Morcant. Et que la vraie bataille qu’il prépare n’a pas encore eu lieu. Et que plus de vingt mille Saecsens, dirigés par Colgrim et Octa, se sont joints à l’ennemi. Arthur construit un mur de pierres dont il fait des prières et, aidé par le Tout-Puissant remporte une nouvelle victoire. « Cerdic était mort et sa félonie avec lui ». « Le royaume de l’Été a été fondé sur le roc du saint nom de Jesu ».
 
            Suivant le plan de Myrddin, le Grand Emrys, bref Merlin, Arthur convoque les seigneurs du Sud à Londinium pour y assister à son couronnement. Celui-ci se fait d’abord par une soumission d’Arthur à Dieu, puis par une soumission des rois du Sud à Arthur. Et par l’arrivée de Gwenhwyvar qui, comme présent de mariage, apporte à Arthur les plans d’une rotonde dont Merlin se vit confier la supervision de la construction. « Ce travail devint la pierre angulaire du règne d’Arthur, et à juste titre ». C’est dans se temple que se tinrent les réunions des chevaliers de la Table Ronde. Merlin y retrouve la vue.
 
            « Contempler côte à côte la reine Gwenhwyvar et la Dame du Lac était regarder trop longtemps l’éblouissant éclat du soleil, sentir son cœur bondir d’un ardent désir dans sa poitrine, se voir dérober les mots sur la langue avant que les lèvres n’eussent pu les prononcer ».
 
            Morgian, Reine de l’Air et de l’Ombre, est tuée devant Arthur, Merlin, Gwenhwyvar. Medraut reste en vie…
 
            Suivirent sept années radieuses. « Tout ce que le Grand Roi bénissait prospérait et la paix régnait dans l’Île des Forts et ses Sept Îles Fortunées. Les invasions barbares avaient cessé et les Saecsens restaient fidèles à leur parole envers Arthur ». « La sainte Église de Jesu implantait profondément ses racines dans le sol de Bretagne et étendait ses branches protectrices sur le pays ». « La Bretagne était alors au faîte de sa gloire ». Vint alors le couronnement d’Arthur : à la fin de la Grand Messe, « l’archevêque Illtyd posa la couronne de laurier sur le front d’Arthur et le proclama Empereur d’Occident ». « Gwenhwyvar reçut elle aussi une couronne et devint Impératrice d’Occident ».
 
            Malgré l’avis défavorable de Merlin, Arthur part pour Rome. Medraut, le fils de Morgian, en profite pour faire un véritable carnage et enfermer dans un cachot, comme otages, la reine, l’Emrys et neuf autres « dont il espérait marchander les vies ». De retour de Rome, Arthur dégaina Caliburnus et lui fit sauter la tête. Keldrych, l’autre traître trouva également la mort. Plus tard, Arthur reçut une vilaine blessure ; Bedwyr le soigna et, loin d’être guéri, Arthur passa entre ses chers Cymbrogi, les appela par leurs noms, demanda des nouvelles de leurs familles. Mais le mal empira et Myrddin le fit transporter en bateau à Ynys Avallon mais le palais du Roi Pêcheur s’était évanoui et Arthur avec lui.
 
            « Un tombeau pour Constantin, un tombeau pour Aurelius, un tombeau pour Uther. Prodige des prodiges, pas de tombeau pour Arthur ».
 
            Ainsi « Il fut un temps (…) où le monde se savait gouverné par un seigneur vertueux, où un homme de foi tenait tous les royaumes dans sa main ferme, où le Roi des Cieux bénissait son Roi sur Terre. La Bretagne était alors au faîte de sa gloire ».
 
Ivan de Duve
Le 11 novembre 2007 après un séjour enchanteur d’une semaine à Puget-sur-Durance en Vaucluse chez mes grands amis Jean-Paul et Mae Hellemans à qui je dédie ce modeste papier. Voir www.puget-loisirs.com et clic sur « Le 31 octobre 2007 Les randonneurs à St Christophe »
 
Stephen Lawhead
ArthurCycle de Pendragon III
Le Livre de Poche n° 15270
 
ISBN : 2-253-15270-6
EAN : 9782253152705


[1] En 2007, Luxembourg est la première ville européenne à porter pour la seconde fois le titre de « Capitale européenne de la Culture ». À cette occasion les Postes belge et luxembourgeoise réalisent une émission de timbres commune. Un premier timbre-poste représente « Le Tombeau du Géant ». Il s’agit d’un merveilleux site naturel qui se trouve près de Bouillon, au village de Botassart, Ville de Bouillon, Province du Luxembourg, Belgique. La Wallonie, la Lorraine, la Rhénanie, la Sarre et le Palatinat sont associés à cette émission. Le timbre représente une sorte de rond des fées, entouré par la Semois, une colline inspirée. Victor Hugo admirait cette colline boisée. Une légende prétend qu’un géant gaulois y fut assassiné par un centurion de la légion de Jules César commandée par Labénius et que son corps, découvert par un vieillard, y fut enterré avec l’aide de jeunes adolescents. D’où le nom « Tombeau du Géant » donné depuis lors à cette colline. Une autre légende, beaucoup plus récente, prétend que les cendres de Léon Degrelle (né à Bouillon en 1906 et décédé à Malaga en 1994 ), malgré une interdiction publiée au Moniteur belge sous forme d’arrêté royal signé par S.M. Albert II, ont été rapatriés en Belgique par un  ancien officier de la division Wallonie, Jean Vermeire, un des admirateurs de celui qu’ils nomment « Chef », et dispersés au-dessus du « Tombeau du Géant ».
 
 
 

Publié dans Lectures

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article