Merlin

Publié le par Ivan de Duve

Et Merlin nous enchante toujours…

 

Voici l’histoire de Merlin, roi, guerrier, druide, barde, faiseur de rois, prophète, bref immortel. Sa vie se confond avec l’histoire de l’Îlr des Forts. Le récit commence par son enlèvement par le Petit Peuple des Collines et par ses longues années de solitude dans la forêt. Il se poursuit par ses combats contre les barbares, Saecsens, Scotti et Pictes,  dont les invasions précipitent la chute de l’Empire romain d’Occident.

 

Le tome I du Cycle de Pendragon nous avait conté la vie de son père, Taliesin ou Elphin, et des cinq nefs qui ont réussi à fuir l’Atlandide avant sa perte dans l’océan, cette Atlantide que Jean Mabire situe au Septentrion et plus axactement à l’emplacement de l’actuelle Helgoland (anciennement Héligoland), à l’Est du Danemark.  

 

Ici, il s’agit de Merlin, Myrdinn dans la langue de son père, Emrys, Ambrosius, Embries, peu importe son nom ; son grand-père, le roi Avallach l’appelait « petit Faucon » et son père, Taliesin, « faucon de Mai » comme il avait nommé « Le Pays de l’Été » la région qu’Avallach avait donnée à son peuple. Son père meurt peu après sa naissance. Quant à sa mère, Charis, adorant ce fils, elle laissait les bardes, tel que Blaise et Hafgan,  s’occuper de le former au monde spirituel et  des guerriers tels que Cuall et Hafgan lui apprendre le maniement des armes.

 

« À l’origine {de l’histoire}, il a une épée, l’Épée de Bretagne. Et l’épée est la Bretagne. »

 

Merlin, au fur et à mesure du récit, fait connaissance des rois qui le peuplent. « Riches et fiers de l’être, ils étaient exempts de la vanité qui va si souvent de pair avec la fortune. Hommes simples, adhérant aux coutumes de leur peuple et résistant au changement , ils avaient perpétué l’esprit celtique de leurs pères. Mais le cœur de Merlin est partagé entre Jesu et les anciens dieux. « En tant que Chef druide, il devait soutenir la prééminence des anciens dieux de notre peuple mais cela lui répugnait depuis qu’il avait découvert la Grande Lumière. »

 

Au cours d’une excursion, Merlin est fait prisonnier par le Peuple des Collines. Cela ne l’empêche pas de sourire. « Ce sourire accomplit des miracles, car le Peuple des Collines est un peuple gai pour qui le sourire dénote une âme en harmonie avec l’existence, et ils ne sont pas loin de la vérité. »

 

« Il est toujours humiliant de découvrir sa propre insignifiance dans le grand dessein. »

 

Merlin, après plusieurs lunes, quitte le monde des Petits pour retrouver, étant devenu homme, le monde des Grands.

 

En chemin, il rencontre une jeune fille, Ganieda, qui, montée à cheval, poursuit et tue un sanglier. Ils le ramènent à deux chez le père de Ganieda qui s’avère être Custennin, roi de Goddeu en Celyddon, fils de Meirchion, roi de Skatha , un des Neuf Royaumes de l’Atlantide. Il y fait la connaissance de Gwendolau, le frère de la belle Ganieda dont il tombe amoureux. Gwendolau et son fid èle compagnon Baram escortent Merlin jusqu’à Luguvallium puis à Deva et, enfin, à Maridunum où Myrdinn ap Taliesin trouve Maelwys le roi de Dyfed , le nouveau mari de sa mère Charis. « Il y eut donc un festin le lendemain. » Il y apprend la mort d’Hafgan. « Il a dit qu’il voulait être enterré ici, non pas parcequ’il pensait que ses os trouveraient mieux le repos dans une terre consacrée, mais parcequ’il désirait que ce soit un signe, une expression de son allégeance au Seigneur Jesu. »

 

« La harpe d’Hafgan, dit Dafyd en me la tendant. Il m’a demandé de la garder jusqu’à ton retour. Je pris le cher instrument et le déballai avec révérence. Le bois luisait dans la pénombre et les cordes chantaient faiblement. La harpe d’Hafgan…un trésor. Combien de fois l’avais-je vu en jouer ? Combien de fois en avais-je joué moi-même ? C’était presque le premier souvenir que j’avais de lui… sa longue silhouette en robe assise près du feu, penchée sur sa harpe, tissant sa musique dans la nuit soudain habitée de magie. Ou bien je le revois debout, bien droit, dans le palais d’un roi, jouant hardiment alors qu’il chante les exploits et les désirs, les fautes et la renommée, les espoirs et les lamentations des héros de notre peuple. »

 

« La musique s’associait dans mon esprit  à la beauté de Ganieda. Déjà, même si nous nous connaissions à peine, je ne pouvais vivre sans elle, qui occupait mon cœur et mes pensées. »

 

Le groupe se dirige ves le Llyonesse  puis reourne à Goddeu et retrouve Ganieda pour la quitter et se rendre à Maridunum. « Et il me vint à l’esprit, pendant que je chantais  - en regardant le cercle de visages autour du feu de camp, les yeux scintillants comme de sombres étincelles, regardant, captivés, tandis que la chanson enflammait leurs âmes -  il me vint à l’esprit que le chemin de l’âme des hommes passait par leur cœur, pas uniquement par leur esprit.  Un homme a beau être convaincu dans son esprit, tant que son cœur n’est pas touché, toute persuasion est vouée à l’échec. Le plus sûr chemin vers le cœur passe par le conte et la chanson : un simple récit de hauts et nobles faits parlait avec plus de force que toutes les saintes homélies de Dafyd. »

 

Et Merlin se met à rêver ! « Oui, je commençais à avoir la vision d’un peuple libre se gouvernant lui-même sans l’ingérence de lointains empereurs au cœur endurci, une nation de Bretons dirigeant des Bretons pour le bien de tous ceux qui vivaient dans ce beau pays, humbles ou puissants… C’était la vision de Taliesin : le  Royaume de l’Été. »

 

Merlin épouse Ganieda, le plus belle femme du Peuple des Fées. Mais Ganieda se fait trancher la gorge par un barbare Saecsens.Pauvre Merlin ! « Puis je la vis : surgissant d’une des blessures de son ventre… Grand Dieu !... tendue vers la vie qu’elle ne connaîtrait jamis, une petite main. Immobile et bleue, parcourue d’un minuscule réseau de veines, son petit poignet sortant de la matrice transpercée… la main de mon fils, mon enfant chéri… »

 

Merlin se bat contre les Saecsens, en tue, en tue ecore…  Puis se retire en forêt.

 

Merlin reste absent très longtemps. C’est son fièle serviteur  Pelléas qui finit par le retrouver, seul avec une Louve. Il lui apprend qu’un certain Vortigern s’est proclamé roi et règne sur le Pays de l’Été.

 

« Toi, peuple de l’Île des Forts, debout ! Cesse de trembler ; reprends courage et apprête les festins de bienvenue. Car l’âme de la Bretagne frémit de nouveau. Merlin est de retour. »

 

Aurelius et Uther livrent bataille à  Vertigern et l’emportent. Aurelius est proclamé Grand Roi par ceux qui le suivaient. Il lui restait à se rallier le soutien de la majorité des rois de moindre rang, un rude tâche ! Son demi-frère Uther est nommé chef d’armée, un Dux Britanniarum. Très vite, il dirige ses troupes contre les Picti et les Saecsens et fête sa première grande victoire.

 

« Maintenant, tu sais, dit doucement Dafyd. Plus élevées sont la vocation d’un homme et sa vision, plus nombreux sont les choix qui lui sont offerts. C’est là notre rôle dans la création : décider. Et ce que nous décidons est tissé à jamais dans le trame du temps et de l’être. Choisis sagement, donc, mais il faut choisir. »

 

« … tout Breton désireux d’impressionner notre Mère Rome devait d’abord conquérir Londinium d’une façon ou d’une autre. Bref, pour les Bretons, Londinium était Rome. C’était d’ailleurs certainement le plus près de Rome que parviendraient jamais la plupart des citoyens celtes. Et, pour cette raison, à défaut d’une autre, Londinium, malgré le bruit et la crasse, baignait dans le crépuscule doré de Rome et restait toujours glorieuse.

 

C’était à Londinium que Constantiin était venu en tant qu’Empereur d’Occident, premier Grand Roi des Bretons. C’était donc à Londinium qu’Aurelius devait recevoir la couronne de son père, s’identifiant à celui-ci… et, à travers lui, à Rome.

 

C’était aussi sage que nécessaire ; il y avait encore beaucoup d’hommes influents qui considéraient l’allégeance à l’Empire comme essentielle au bon gouvernement de la Bretagne. Que les circonstances brutes eussent largement périmé cette condition archaïque ne leur était jamais venu à l’esprit. Ils étaient fondus dans un moule plus ancien : civilisés, raffinés, urbains. Que Rome elle-même fût devenue à peine plus qu’une bourgade de province,  son noble Colisée un charnier, son majestueux Sénat  un repaire de chacals, son palais impérial un lupanar… tout cela ne faisait pas l’ombre d’une différence.

Comme je l’ai dit, ceux qui pensaient ainsi étaient influents, et tout Grand Roi désireux de posséder le titre en même temps que la couronne devait se faire reconnaître par les citoyens raffinés de Londinium… ou bien être à jamais considéré comme un usurpateur, sinon pire, et se voir par conséquent refuser les ressources considérables de la cité. »

 

Et Merlin de conclure : « J’avoue que je n’ai jamais aimé les villes… ayant passé  la plus grande partie de mon existence au contact du soleil et du vent, du roc et de l’eau, de la feuille et de la branche, de la terre et du ciel, de la mer et des collines. Il m’était difficile d’appréhender les subtiles expressions de bonté que Dafyd semblait y percevoir. »

 

Il retrouve Charis et Avallach.

 

« Mais, comme pour toute véritable amitié, le passage du temps n’avait en rien altéré leurs sentiments et, en l’espace de quelques battemebnts de cœur, ce fut comme s’ils n’avaient jamais été séparés. » 

 

« Après les épreuves d’une saison de combats presque continuels, il était bon de laisser la tranquillité de l’Île de Verre s’insinuer dans nos âmes lassées de se battre. »

 

Uther aime Ygerna ; il la présente à Aurelius qui, ignorant ses sentiments, en tombe amoureux. Aurelius est assassiné. Uther est nommé Grand Roi.

 

« À l’heure entre les heures, quand le monde attend le renouveau de la lumière du jour, une vie est parfois exigée pour une vie. C’est ce que les Sages du Chêne, les druides d’un autre temps, croyaient et enseignaient. Je ne suis pas certain qu’ils aient tort (…)  lorsque la Main Invisible vous saisit dans son étreinte, il vous faut la suivre. Ou tourner le dos, et vivre dans un éternel regret. »

 

 

Uther épouse Ygerma qui donne naissance à un enfant de feu-Aurelius. Elle confie cet enfant à Merlin qui le met en de bonnes mains, puis se tourne vers d’autres problèmes et oublie l’enfant.

 

Uther meurt. Les rois de Bretagne se rassemblent à Londinium pour choisir un nouveau Grand Roi. Ygerma « avait inhumé le mari qu’elle aimait près de celui qu’aimait le peuple. » Merlin lui remet  l’épée de Bretagne à Ygerna qui se rend à ce rassemblement pour y remettre l’Épée  à Merlin en demandant à l’assemblée de se joindre à elle pour jurer fidélité à Merlin, nouveau Grand Roi. Merlin abat l’Épée de Bretagne contre la pierre où, au lieu de se briser, elle se drese, vibrante, enfoncée jusqu’à la garde, prisonnière de la pierre, ce qui permet à Merlin de déclarer : « quiconque pourra retirer l’épée de cette pierre sera le roi légitime de Bretagne » puis il quitta l’assemblée pour aller retrouver l’enfant d’Ygerma, nommé Arthur mais ceci est une autre histoire, contée par Stephen Lawhead dans le tome III du Cycle de Pendragon…

 

Ivan de Duve

Le 13 novembre 2007

 

Stephen Lawhead

Merlin

Cycle de Pendragon II

Le Livre de Poche, n° 15219

ISBN : 2-253-15219-6

EAN : 9782253152194

Publié dans Lectures

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